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Saint-Servais

Petite commune du Léon, Saint-Servais (637 habitants) est située près de Landivisiau, à vingt-huit kilomètres à l'est de Brest.

Saint-Servais n'était à l'origine qu'une simple chapelle dépendant de la seigneurie de Leslem. En 1587, elle devint une trève de Plounéventer. Comme les autres communes du pays des Enclos, Saint-Servais s'enrichit de l'artisanat de la toile de lin, du XVe au XVIe s.

Selon une légende, la lande de « Lan ar Poanniou » aurait été l'emplacement d'un massacre de Bretons par des envahisseurs normands au début du Xe s. D'autres landes, celles de Keroualar, abritèrent un maquis en 1944.

A l'instar de ses voisines de Bodilis, Plounéventer et Saint-Derrien, Saint-Servais perdit une partie de sa territoire (171 hectares) lors la création de la base aéronavale en 1964.

Saint-Servais est la commune natale du peintre et illustrateur Yan Dargent (1824-1899).

L'église Saint-Servais

L'intérieur

Le maître-autel et son retable

Le retable nord

Le retable sud

La chaire à prêcher

Les fonts baptismaux

Les confessionnaux

La porte intérieure sculptée

Le chemin de croix

La statuaire

Le vitrail des missions

Les vitraux du choeur

Les bannières de procession

La déclaration d'indulgences

L'ossuaire

La croix de Drevers

Le calvaire du Stréjou

Le calvaire du sud du bourg

Le calvaire de Brétiez

Le calvaire de Leslem

La fontaine Saint-Servais

Le monument aux morts

La tombe de Yan D'Argent

 

L'église Saint-Servais

L'édifice actuel a remplacé dans la seconde moitié du XVIe s. une chapelle édifiée au XIIIe s. par les seigneurs de Leslem. Divers travaux (rénovations, agrandissements) furent effectués au XVIIe s.

  

La façade nord.

Le porche méridional est plus récent. Il date probablement du début du XVIIIe s. Un Christ aux liens surmonte le portail en plein cintre, tandis qu'un bénitier à décoration de coquillage est compris dans l'un des angles. Lors de l'ouverture de ce porche, deux portes furent murées sur la façade méridionale de l'église.

 

Le portail occidental porte la date de 1678.

La sacristie est édifiée au XVIIIe s.

Un écusson composite figure sur le chevet de 1688. On peut y voir les armes des familles Goulaine (mi-parti d'Angleterre et de France), de Leslem, du Parc de Loc-Maria, de Poulmic et du Han. Il est entouré du cordon de saint Michel et surmonté d'une couronne de marquis.

L'intérieur : La nef comprend quatre travées avec bas-côtés.

Le maître-autel et son retable : Commencée vers 1760 par Louis Magado, maître-sculpteur de Guissény, le retable n'est achevé qu'en 1791 par les frères Jean et François Bourc'his, de Ploudaniel. Le tableau, réalisé vers 1870 par Yan D'Argent, représente un Christ en majesté.

  

Le retable nord :

  

Le retable sud : Identique au précédent, à l'exception du tableau.

  

La chaire à prêcher : Elle est réalisée en 1666, peut-être par Yvon Kervella. La partie extérieure de la cuve présente quatre panneaux dorés où sont figurés la Présentation, l'Annonciation, l'Assomption et David et Nathan.

  

  

Sur la porte intérieure permettant l'accès à la cuve, un cinquième panneau représente le Christ donnant les clefs du Paradis à saint Pierre.

Les fonts baptismaux : Trève dès 1587, Saint-Servais doit cependant attendre le 23 janvier 1678 pour pouvoir procéder à la première bénédiction, en raison de la longue résistance menée par la paroisse mère, Plounéventer. Le baptistère porte l'inscription Qui credit baptistatus salvus erit, « Celui qui croit, s'il est baptisé, sera sauvé ». La cuve est réalisée en 1678 et le baldaquin à dôme l'année suivante par plusieurs charpentiers (Yves Le Duff, Etienne Prigent et Christope Le Liorzou).

  

Les confessionnaux : Au nombre de deux, du même modèle, ils datent probablement du XIXe s.

La porte intérieure sculptée : Conçue en 1640 d'après un modèle de style Renaissance réalisé au XVIe s. par l'Italien Nicolo Dell'Abate, cette belle porte représente une Vierge à l'Enfant encadrée de deux scènes de l'Inquisition. Elle était à l'origine tournée vers l'extérieur de l'église.

Le Chemin de croix : Les murs intérieurs nord et sud présentent les différentes stations du Chemin de croix. En voici deux exemples :

  

La statuaire : L'église abrite une Vierge à l'Enfant et une représentation de saint Mamert retenant ses entrailles.

  

Mais également les statues de plusieurs autres saints.

  

Le vitrail des Missions : Installé dans un oculus de l'angle sud-ouest de l'église, ce vitrail a été réalisé à la fin du XIXe s. à partir d'un dessin de Yan Dargent. C'est le seul vitrail de Bretagne représentant des Noirs : un missionnaire y procède à un baptême.

Les vitraux du choeur :

  

Les bannières : Utilisées lors des processions, ces deux bannières représentent saint Servais et la Vierge.

  

La déclaration d'indulgences : Le document, rédigé en breton, recense toutes les indulgences que pouvaient gagner les paroissiens membres de la confrérie de Saint-Servais. Ce tableau d'indulgences est donné à Rome le 7 avril 1679.

L'ossuaire

Il est construit dans l'enclos paroissial en 1643.

Le portail donnant à l'Est, surmonté d'un entablement et d'un fronton, comprend une porte de style Renaissance. Réalisée en 1643, elle s'inspire de l'oeuvre de l'Italien Nicolo Dell'Abbate.

  

Voici le portail sud.

  

En 1870, l'artiste Yan D'Argent, natif de Saint-Servais, est chargé de la décoration intérieure de l'ossuaire. Les fresques qu'il peint représentent une âme sortie de son tombeau et montant au ciel, ansi que des mendiants recevant l'aumône près de l'église.

L'ossuaire abrite également un reliquaire contenant le crâne de Yan D'Argent, tandis que cette statuette orne l'extérieur de l'édifice.

La croix de Drevers

Dit aussi Kroas Téo, l'ensemble, haut de trois mètres, se compose d'une stèle tronconique de l'âge du fer, qui servit de borne milliaire implantée à un carrefour de la voie antique Carhaix-Aber Wrac'h. La croix fut rajoutée au haut Moyen Age.

Le calvaire du Stréjou

Haute de quatre mètres, ce calvaire, élevé au XVe s., comprend une Vierge à l'Enfant au revers du crucifix.

  

Le calvaire du sud du bourg

Appelé simplement le Calvaire, il est érigé vers 1550. Haut de 5,50 m, il se trouve dans un petit enclos. Le fût est posé sur un soubassement faisant office d'autel. Sur le croisillon, la Vierge et saint Jean encadrent le crucifix. La mention de l'année 1646 associée au nom de G. Maze évoque une probable restauration.

Le calvaire de Brétiez

Haut de cinq mètres, il est realisé en 1640 par l'atelier de Roland Doré.

Le calvaire de Leslem

Situé au nord-ouest du bourg, il fut longtemps renversé avant d'être restauré à la fin du XXe s.

  

La fontaine Saint-Servais

Située près du hameau de Brétiez, cette fontaine close date du XVIe s. L'eau de cette fontaine était réputée guérir les diarrhées des enfants, à condition d'avoir fait un don à l'église après avoir invoqué le saint.

Le petit bassin rond pourrait être un routoir (pour « rouir », c'est à dire faire macérer le lin afin de séparer la tige de l'écorce filamenteuse).

Le monument aux morts

La tombe de Yan D'Argent

La tombe du peintre, né à Saint-Servais en 1824 et mort en 1899, se trouve à proximité immédiate de l'ossuaire. Elle contient un corps sans tête, celle-ci ayant été otée en 1907 pour être placée dans un reliquaire exposé dans l'ossuaire.